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« A m’en donné », suite à mes derniers billets sur les collaborations et les statuts des mannequins, je me suis dit qu’il serait pas mal d’avoir des retours d’expérience de mannequins ayant choisi de se lancer dans le monde professionnel, avec des parcours, des modes de fonctionnement et expériences diverses. J’ai choisi de questionner Alicia et Fanny qui se sont livrées au jeu des questions/réponses. Pour améliorer la lecture, j’ai positionné simultanément leurs réponses, sachant qu’elles n’ont pas été questionnées en même temps et dans des contextes différents, mais qu’elles ont eu le même questionnaire.

Brève présentation de mes deux cobayes .

J’ai donc choisi ma petite Alicia (A) , que vous pouvez voir régulièrement apparaître dans mes travaux et que j’ai hébergé quelques jours sur Toulouse à l’occasion d’un job qu’elle a pu décrocher. Séjour durant lequel nous avons pu aussi faire une nouvelle séance photo ensemble.

La deuxième mannequin qui a accepté est Fanny (F). De passage éclair à Toulouse pour un job elle aussi, nous avons pu enfin nous rencontrer autour d’un verre, et nous en avons profité pour faire connaissance grâce à ce petite questionnaire.


Hello, peux-tu te présenter ? (âge, origine, job actuel, projets, etc)

A: Hello, alors je m’appelle Alicia, j’ai 22 ans et je vis sur Marseille. Je suis mannequin professionnelle depuis quelques années maintenant. J’essaye actuellement de me diversifier dans la photographie, notamment en tentant de trouver des stylistes ou créateurs pour faire évoluer mon book côté mode, et aussi m’orienter sur des styles un peu plus dark et bad-girl. Ensuite, j’ai pu faire un peu de figuration dans quelques clips (Soprano, Kendji Girac) ainsi que dans le cinéma (comme récemment dans le film Alibi.com) et je voudrais tenter de continuer dans cette voie-là.

F: Coucou, je m’appelle Fanny, j’ai 26 ans et je vadrouille entre Lyon et Paris. Je suis mannequin à temps plein en agence, mais travaille aussi en tant que comédienne. Je fais certes des photos et joue des rôles dans des pubs ou films, mais je fais aussi quelques tutos de produits et j’ai tenté de faire un peu de micro-trottoir. Je parle trois langues (français, anglais et espagnol) et suis en train d’apprendre l’italien et le japonais. J’ai pour projet pour les mois à venir de me lancer dans du coaching de mannequins afin de les aider et orienter dans le métier.

 

Comment es-tu devenue mannequin ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?

A: Cela s’est fait vraiment par hasard. J’ai d’abord commencé par poser avec quelques photographes amateurs et puis de fil en aiguille, j’ai d’abord été contactée par des clients pour des projets, avant que les agences ne se manifestent à leur tour.

F: En fait, ça s’est passé un peu par hasard ! On m’a fait la proposition à l’âge de 14 ans et je me suis lancé sans trop savoir ce que c’était ni ce qui allait m’attendre. Je m’ennuyais un peu à cette époque-là donc je me suis lancé un peu par dépit mais j’y ai pris goût peu à peu car cet univers m’a permis de me remettre régulièrement en question.

 

Comment es-tu entrée en agence ?

A: Mes photos ont commencé par tourner un peu sur les réseaux sociaux et les premières agences qui se sont manifestées m’ont contacté via mon book. J’ai pu intégrer Totem, Enjoy Models, VIP Models et d’autres, avant de rejoindre plus récemment DMA et Up Models.

F: Suite à quelques expériences depuis mon adolescence, j’ai intégré ma première agence à l’âge de 17 ans en arrivant à Paris car j’étais originaire de Reims à l’époque !

 

Quels sont les bons côtés du job ?

A: Je dirais sans hésiter qu’il s’agit des rencontres ! Il y a très souvent énormément de bonne humeur et de bienveillance autour des séances. Les voyages permettent également de bouger, de découvrir des cultures ou des modes de vie différents, mais ils permettent également d’apprendre sur soi.
Il y aurait bien d’autres bons côtés mais je dirais que toutes ces choses permettent d’engranger de la confiance en soi et de s’accepter telle que l’on est.

F: Et bien il y en a pas mal ! Cela permet de voyager beaucoup aussi bien en Europe que dans le reste du monde : j’ai notamment pu vivre à Tokyo durant 3 mois. Ensuite, il y a le fait d’avoir toujours des projets différents, aussi bien au niveau de l’artistique, que dans les configurations ou les buts des projets (commerciaux, éditos, etc.). Il y a aussi forcément le côté financier puisque parfois avec un ou deux jours de job, on arrive à des sommes dépassant un mois de salaire courant… Enfin, j’aime beaucoup rencontrer de nouvelles personnes tous les jours, cela crée des liens différents un peu partout et cela est très enrichissant.

 

Et Les pires ? Ou ce qui est le plus dur au quotidien selon toi?

A: Il faut faire attention à tout ! On arrive souvent dans le métier sans base, il faut tout apprendre toute seule, faire attention aux gens qui tentent de nous aider et nous conseiller ; il y a bien évidemment des personnes de confiance, mais il y a aussi des requins qui essaient de nous arnaquer. Ensuite, il y a le côté physique à entretenir un peu : il faut tenter d’adopter une hygiène de vie saine car outre le côté « conservation », il arrive que l’on finisse une séance ou un job sur les rotules.

F: Je dirais sans doute que le plus dur, surtout quand on commence dans le métier, c’est de passer des castings et ne pas être prise ! C’est très décourageant… C’est toujours décevant encore aujourd’hui, mais avec l’expérience on relativise et on passe vite à autre chose. Aujourd’hui, j’avoue tout de même avoir la chance de ne quasiment plus avoir en faire , ou alors très rarement.
Il y a aussi le fait de devoir faire des petits efforts de confort :se lever tôt, shooter parfois dans le froid ou dans des conditions parfois un peu inconfortables… D’ailleurs, je pense que le pire c’est d’avoir des tournages ou des shootings sous l’eau : on croit qu’on va se noyer et l’impression est parfois bizarre… Bref, comme tu peux le voir, une partie des inconvénients est qu’on peut être malade assez souvent avec tout ça, mais bon, ça fait partie des risques du métier.

 

Si tu ne devais retenir qu’un seul moment, quel serait-il ? Et par la même occasion, quelles sont les marques les plus prestigieuses pour qui tu as travaillé ?

A: C’est certainement mon séjour à Dubaï pour des missions de « modèle-image ». J’étais la plus jeune au milieu d’un groupe de 16 filles que j’ai pu rencontrer. Les rencontres ont été extraordinaires dans un contexte vraiment superbe : nous avions un chauffeur privé, avec des bodyguards pour notre sécurité… Vraiment très belle expérience !
Pour les marques, je ne pourrais pas toutes les citer, mais il y a eu quelques jobs sur lesquelles j’ai été très fière de shooter : Banana Moon, Louis Vuitton, Showroom Privé, Laurence Dumont, Jean-Claude Biguine ou encore Sublimo et plus récemment Fenty Puma.

F: Mon meilleur souvenir c’est sans doute lorsque j’ai travaillé à Singapour ! Seule dans un nouveau pays, mais cela m’a permis de visiter et de prendre un peu de temps pour moi. Ensuite, j’ai pu travailler pour un film pour Agatha, un tuto pour Lancôme, une campagne pour Hogan, pour Levi’s ou encore Citadium… Il y en a beaucoup mais je ne pourrais pas tout citer !

 

A contrario, quelle est ta pire expérience ou la plus loufoque ?

A: Sans hésitation, mon premier shooting pro car je me suis cassé le coccyx la veille et j’ai dû y aller en béquilles !
Ensuite, en expérience loufoque, je pourrais citer le déroulement du tournage pour Alibi.com : nous étions à la base invités pour une soirée déguisée alors qu’en fait il s’agissait de faire un tournage lors d’une soirée SM… Autant dire que c’était plutôt… déjanté !

F: Je crois que l’expérience la plus étrange a été pour un édito pour le magazine Toilet Paper. Le shoot se déroulait en Grèce et on m’a fait poser dans un fauteuil en cuir, quasiment nue, avec d’immenses talons et tenant un poisson cru dans la main !

 

Quels conseils pourrais-tu donner aux mannequins qui veulent progresser ou aux personnes qui veulent se lancer ? Les qualités ou points forts qui te semblent nécessaires ?

A: Le meilleur conseil que je peux donner est de garder la tête sur les épaules ! Il faut toujours garder à l’esprit que l’on fait un métier formidable, que peu de personnes ont la chance de pouvoir faire, et que malgré les difficultés que l’on peut rencontrer, cela reste quand même un job extraordinaire !
Ensuite, il faut toujours être à l’affût des opportunités et savoir montrer que l’on est présente et réactive, montrer que l’on est disponible pour travailler, même s’il faut parfois faire des petites concessions. Enfin, je dirais qu’il faut surveiller son image et être active sur les réseaux sociaux, mettre à jour régulièrement son book et son site web et quand on est en agence, ne pas hésiter à les relancer, passer les voir, etc.

F: Surtout de NE PAS PERDRE DE TEMPS et à tous les points de vue ! Déjà, le premier point qui me semble indispensable c’est avoir un book professionnel complet, très vite, quitte à investir une somme importante en contactant rapidement des photographes professionnels compétents. Ensuite, quelques collaborations peuvent le compléter, quitte à payer des retoucheurs pour être « sûr » du résultat final et que ça ne nuise pas à la qualité initiale du book. Il faudra bien entendu contacter les agences, mais aussi développer son image et son réseau de contacts via les réseaux sociaux (personnellement, je recommande Instagram qui est de plus en plus incontournable). Il faut également savoir mettre son égo de côté car chaque shooting ou projet est différent et il faut s’adapter à toutes les situations.
Enfin, il faut vraiment faire preuve d’autocritique et être réaliste quant aux domaines où l’on veut travailler et surtout où l’on peut travailler : quelqu’un avec une poitrine avantageuse sera plus apte à faire de la lingerie, quelqu’un avec un beau sourire pourra plutôt s’orienter vers des choses commerciales ou quelqu’un d’assez petit ne devra pas cibler le « mode » ou les défilés mais peut-être plus sur le « détail » ou sur des domaines moins restreints en termes de profils types.
Pour finir, je dirais qu’il faut surtout tenter d’assurer ses arrières et ne pas se laisser bercer par l’atmosphère tranquille du milieu car il ne faut pas se faire d’illusions et travailler en tant que mannequin est éphémère.

 

Il est parfois demandé aux mannequins de « gérer » leur stylisme sur certains projets, notamment en collaborations. Aurais-tu des bonnes adresses ou des trucs et astuces ?

A: Je n’ai pas forcément de recette magique, mais je pense que lorsqu’on fait les boutiques, il faut avant tout se faire confiance car sur le moment, cela ne nous plaît pas forcément mais comme le vêtement nous va bien, et bien on se laisse tenter ! Trop d’hésitation tue le choix !
Il faut aussi être sélective et ne pas tout le temps s’orienter sur de la grande marque… on peut toujours arriver à faire de belles affaires, même à petit prix.
Disons que si je devais vraiment donner un conseil, je dirais qu’il faut avant tout s’orienter sur des choses qui vont vous mettre en valeur et qui vous vont bien (et non qui sont portées par telle ou telle personne, etc.), et privilégier le côté classe et chic au côté sexy qui tourne malheureusement trop souvent au vulgaire. Enfin, petit conseil maquillage : privilégier le naturel, surtout l’été, et ne pas trop en faire ! Au passage, l’été c’est nude ! Le reste… no way !

F: Pour ma part, je refuse systématiquement car je ne suis tout simplement pas styliste et que c’est un métier à part entière mais il faut savoir coopérer sur certains projets et avoir toujours des accessoires indispensables selon moi : de la lingerie simple de couleur noire, blanc et chair par exemple, ou une petite paire de talons classiques noirs. Côté astuce, je suis pas mal sur Instagram et le fait de faire du placement de produits permet d’avoir des choses sympathiques et originales en contrepartie.

 

Dernière question : qu’est-ce qui t’as le plus gonflé dans cette interview ?

A: C’était très agréable mais par contre, tu aurais quand même pu me proposer au boire !

F: Très honnêtement, c’est surtout la présentation car je n’aime pas trop parler de moi, mais plutôt de ce que je fais, ou par la représentation de ce que je fais, bien que je ne sois pas du tout égocentrique.

 

Et enfin supplice: la petite photo souvenir

A:

 

F:

 

En tout cas, un grand merci à elles qui ont pris le temps de répondre à ces quelques questions et de vous part de leurs expériences respectives.

Pour suivre leurs travaux:

Alicia: http://www.aliciatadrist.book.fr

Fanny: http://www.instagram.com/fanny_beladona

2017-07-11T17:44:30+00:00